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Le soleil qui, passant à travers le feuillage, traçait des ronds de lumière sur sa
joue, éveilla Nor. Sans bruit, il se fraya un passage à travers les buissons et ce qu'il
vit, pour la première fois depuis bien longtemps, réjouit son cur . Il décida de faire plus ample connaissance avec la clairière, la parcourut
de long en large, scrutant le bas des rochers à la recherche de quelque repaire d'animal dangereux,
et ce faisant son oreille fut agréablement flattée du gazouillis d'une source ; sous le plus
gros des rochers qui se trouvait à l'opposé de celui au pied duquel ils avaient dormi,
coulait une gentille source, certes modeste, mais qui pourrait suffire à leur besoins ; en suivant le cours du ruisselet il découvrit entre des buis touffus une sorte de trou d'argile où l'eau retenue formait une petite mare. Son exploration le conduisit ensuite en haut de l'éboulis vers cette grotte dont il avait pressenti l'existence.
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Vue de l'entrée de la grotte cette dernière lui apparut l'endroit rêvé où installer son clan, d'autant que le soleil, devenu plus chaud au fur et à mesure qu'il s'élevait, la baignait d'une chaude lueur accentuant le caractère protecteur de l'endroit. Alors, la rude face de Nor s'éclaira d'un sourire, et, rejetant en arrière sa longue chevelure, il entonna pour l'astre bienfaiteur un chant qui disait sa joie et sa gratitude. Trois fois quatre saisons se succédèrent et Nor vit prospérer son clan : la
combe connut des naissances sans déplorer aucune mort. Alors, tous surent qu'il fallait en
remercier les dieux. Sa situation élevée qui permettait un grand regard sur la plaine et sur les monts lointains la rendait chère aux yeux de Nor. Car c'était là qu'il aimait à venir méditer et emplir son âme de la beauté du monde.Nul site ne pouvait mieux convenir à leur offrande. De plus, non loin de là, gisait de grandes dalles de calcaire blanc. Ils en détachèrent un grand bloc qu'ils amenèrent à grands efforts jusqu'au sommet et là l'orientant au sud, ils le dressèrent en témoignage de reconnaissance envers les dieux. Puis ils entamèrent un long chant hululé de gratitude.
Et c'est ainsi que, sur les grands Causses, les hommes s'établirent. |
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© Michèle Puel Benoît 2000 |
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